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La ville de Tétouan (Titwan déformation du mot Tittawen en Amazigh Rifain (Tarifit), pluriel de Tit = oeil ou source) est la capitale et le centre culturel de la région du Tanja au nord du Maroc ; elle est considérée comme la ville la plus andalouse du royaume. En 2007, sa population est de 648277 habitants; elle est la 5éme plus grande ville du royaume après Casablanca, Rabat, Fès et Marrakech. Les tetouanis, sous la direction de Mohammed Ben Abdelkrim El Khattabi participérent à la guerre du Rif, dont la bataille d'Anoual, contre les troupes espagnoles.
La ville est située dans le Rif à environ 40 kilomètres à l'est de la ville de Tanger et est assez proche du détroit de Gibraltar. Elle est située dans une vallée (la cluse de Tétouan) creusée par l'oued Mhannech dans les montagnes de la chaîne calcaire du Rif au nord et au sud. Près de Tétouan, on trouve plusieurs villes côtières très touristiques comme Mediek et Martil, et des villages de vacances comme Marina Smir et Cabo Negro. Histoire La ville existe depuis le IIIe siècle avant notre ère, des vestiges des ères romaines et phéniciennes y ont été trouvés, provenant de la ville antique de Tamuda. Les Phéniciens quant à eux établirent en leur temps un comptoir à l'embouchure de l'Oued Martil [1][2]. Le site de la ville est mentionné la première fois par le géographe andalou Abou Oubayd Al Bakri au XIème siècle, puis par des sources Almohades au XIIème. Vers 1305, une ville fortifiée est établie par le sultan Merinide Abou Tabit. Elle sert de base pour attaquer la ville de Ceuta. En 1399, la ville est détruite par les Espagnols afin de stopper les attaques de pirates pour lesquels la ville constituait une base arrière. Selon l'historien Skirej, en 888 h (1483), 80 Mauresques venus de Grenade avaient commencé à construire des maisons dans la partie dénommée Al Balad, mais étaient harcelés par la tribu des Beni Hozmar qui revendiquait la propriété du site. Ayant été informé de leurs plaintes, le Sultan Mohammad Ach-Chaikh Al Wattassi (m en 910 h, 1504) leur prêta 40.000 Mithqal et envoya 40 gardes de Fès et 40 du Rif pour les protéger. Il écrivit au gouverneur de Chefchaouen, Sidi Ali Ibn Rached (m. en 917 h, 1511), fondateur de la ville, pour lui demander de leur envoyer une personne compétente pour construire une muraille de protection. C'est ainsi que Sidi Mohammed ben Ali Al Mandari (m en 900 h, 1494), un général d'origine andalouse rejoigna la ville dont il deviendra gouverneur et architecte. Il est considéré comme le vrai fondateur de la ville. En 1492, la Reconquista (reconquête de l'Espagne) se termine avec la chute de Grenade qui chasse du Sud de l'Espagne des milliers de musulmans et juifs qui s'installèrent dans la ville. La population s'est trouvée augmentée également par l'expulsion massive des Mauresques par Felipe III en 1609 [3]. Ensuite, la ville connaît au XVII et XVIII siècles un grand essor grâce à son statut de port méditerranéen (Martil) par lequel transitent les marchandises vers ou provenant de la capitale Fès, les autres ports marocains étant sous l'occupation portugaise. De nombreux consulats y furent établis. L'activité commerciale portuaire sera finalement transférée à Tanger, port pouvant accueillir des navires plus grands. Après l'occupation espagnole en 1913, Tétouan devient la capitale du Maroc espagnol et le restera jusqu'à l'Indépendance du Maroc en 1956. La région est alors intégrée au Maroc. Elle a conservé une âme andalouse qui fait d'elle la plus hispano-mauresque des villes marocaines. Comme dans le reste des villes andalouses du Maroc (Rabat, Salé, Chaouen et Fès), beaucoup de familles portent encore des noms mauresques (Moriscos), correspondant en général à des surnoms évoquant des lieux, comme Torres, Molina, Castillo, Aragon, Medina, Paez, Baeza, Morales etc., parlent souvent l'espagnol, et les panneaux sont écrits à la fois en arabe et en espagnol. Ethnographie La société tétouanaise était au début essentiellement constituée de Mauresques musulmans et juifs, auxquels se sont joints des familles de hauts fonctionnaires fassis envoyés par le Sultan. L'exode rural et l'activité commerciale ont vu l'installation de nombreuses familles Jebala des tribus voisines (Beni Hozmar, Beni Maadane, Beni Said, Ghomara, Beni Idder etc.). La ville a connu également l'arrivée de nombreuses familles algériennes qui ont enrichi la société par leur musique et leur patisserie à recettes turques. La composante rifaine est devenue nombreuse (Beni Ouriaghel), attirée par l'activité commerciale de la ville et fuyant les conditions montagnardes défavorables du Rif central. Les années 1960 ont vu diminuer rapidement le nombre de juifs, partis en Israel ou en Espagne, ainsi que les familles espagnoles qui étaient restées après l'Indépendance. Monuments et architecture Les quartiers de Tétouan appartiennent à 3 types de styles architecturaux différents: le style andalou (la Medina); le style espagnol du début et du milieu du 20ème siècle (Ensanche) et le style d'après l'indépendance (quartiers périphériques). Chaque style comporte des variantes plus ou moins importantes en relation avec l'évolution des styles et des matériaux utilisés. La Médina La Médina (ancienne ville) de Tétouan est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Elle occupe aux yeux des spécialistes la première place de toutes les médinas du Maroc. Le principal élément de la Médina est constitué par les remparts datant de la fin du XVème siècle qui entourent la ville. Ces remparts laissent le passage à travers 7 entrées qui sont: Bab El Oqla, Bab Saaida (vers l'Est), Bab Mqabare et Bab Ejjyafe (vers le Nord), Bab Nouader (vers l'Ouest), Bab Toute, Bab Remouz (vers le Sud). A l'intérieur de la ville, les ruelles sont pittoresques et grouillantes de monde. Les principaux quartiers, datant de la construction de la ville, sont: Laayoune, Essania, Trankat, Rbat Aala, Bled, Rbat Asfal et Mellah. Les maisons de la Médina sont généralement très bien conservées par les descendants des propriétaires. Certaines ont bénéficié d'un programme de réhabilitation financé par la Junta de Andalucia. Du point de vue architectural, les maisons sont généralement constituées [4] : (i) d'un rez-de-chaussée avec un couloir d'entrée (Zaguan, Dehliz) donnant sur un patio (Sahn), sur lequel s'ouvrent 2 ou 3 chambres fermées (bit), un salon ouvert (maqâad), la cuisine et les services; et (ii) d'un étage avec des chambres (ghorfa). Temporellement, les maisons obéissent à deux styles architecturaux différents: - celles du XVIIème siècle comportent un patio avec des piliers et des colonnes (8 ou 12) supportant des arcades. La décoration est généralement austère. - celles du XIXème utilisent les traverses de fer qui supportent l'étage. Les maisons peuvent comporter ou non un jardin (Riad). La décoration est riche, utilisant les mosaïques de Fès, le bois peint etc. Ces maisons, ainsi que les bâtiments publics, ont longtemps été desservis en eau potable à travers un réseau de canalisations depuis les sources de la ville. Ce réseau, appelé Skundu (déformation de l'espagnol segundo), a été développé par Ali Al Mandari en personne, qui a construit la ville le long d'une ligne de sources prenant naissance au pied du Jbel Dersa. Ce dispositif ingénieux, dont seuls avaient le secret pour des raisons sécuritaires le Gouverneur et l'ingénieur principal de la ville, alimentait toutes les maisons ainsi que les fontaines publiques, les mosquées, les hammams etc. grâce à la topographie en pente de la ville[5]. Bien que très détérioré par les canalisations modernes, certaines maisons gardent encore des fontaines de cette eau limpide. Outre les maisons tétouanaises, plusieurs mosquées, zaouias et places publiques et commerciales peuvent être visitées: Places: El Feddane (coeur de la ville sur lequel donne le Méchouar), Ghersa El Kébira (place de commerce varié), El Usâa (petite place pittoresque) Rues: Tarrafine (boutiques de bijoux) Mosquées: Al Jamaa Al Kabir (Grande Mosquée) Ecoles traditionnelles: Madrasat Lukach, Zaouias: Sidi Ali ben Raissoun, Harraq, Abdellah El Hajj Bakkal,... Souks: Mesdaa (épices, fromages), Saquia El Fouqia (vetements),... Economie Longtemps liée au commerce international à travers le port de Martil, l'économie actuelle de Tétouan repose essentiellement sur le petit commerce et le tourisme balnéaire à clientèle surtout marocaine. Les unités industrielles, cantonnées au Quartier industriel de Martil, sont peu nombreuses et modestes. L'infrastructure hôtelière a connu ces dernières années une croissance rapide. Une partie de la population vit encore du commerce de produits de contrebande ramenés de Ceuta, mais cette activité connaît un déclin notable en raison de l'amélioration de la qualité des produits marocains. Faute de travail, une grande partie des jeunes ont émigré vers l'Europe, en particulier vers l'Espagne, les Pays-Bas et l'Allemagne. Le développement de Tétouan s'articule aussi autour de: L'autoroute Tétouan - Fnideq L'autoroute Tétouan - Tanger Le port Tanger Med et sa zone franche Oued Negro à Fnideq Les investissements étrangers directs des groupes mondiaux dans les secteurs touristiques, notamment le géant espagnol FADESA Les transferts des marocains résidents à l'étranger La proximité géographique de L'Europe Culture Tétouan étant souvent considérée comme la capitale des arts classiques et lieu des rencontres des différentes religions et cultures. Elle a été choisie pour abriter notamment la Présidence de l'Université Abdelmalek Saadi, avec la Faculté des Sciences, la Faculté de Lettres et Sciences humaines, qui accueillent les étudiants des régions de Tanger, Tétouan, Larache, Chefchaouen, ainsi que l'Ecole Normale Supérieure. Elle dispose de nombreux espaces à caractère culturel: L'Institut des Beaux-Arts La Bibliothèque Générale La Maison de Culture Le Musée archéologique Le Conservatoire International de Musique Les Centres Internationaux de langues ((Français, Espagnol, Anglais, Allemand, Hollandais...)) Les grandes Bibliothèques Des bibliothèques et archives privés (Daoudiya, Bennouna, Torrès) Sites naturels Tétouan était réputée par ses sites naturels autour de la ville et dans la région. Les anciens se rappellent bien les nzaha à Kitane, Dardara, Bousemlal, Martil, Groura (actuel Cabo Negro), Sidi Abdesslam d'El Bhar... L'urbanisation de la ville et des localités à proximité (Martil, Mdiq, et généralement la zone côtière) a conduit à la disparition de la plupart des sites, et les amateurs de la Nature se tournent actuellement vers la région de Chefchaouen (Akchour, Talasemtane). Cependant, quelques sites ont échappé à l'urbanisation comme la lagune de Smir, qui est un site protégé par la convention Ramsar. Festivals Festival International du Cinéma Méditerranéen de Tétouan Festival International de Luth de Tétouan Festival International de la Bande Dessinée Source: Wikipédia
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